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lundi, 19 janvier 2009

Moi, Francine, cent ans et deux jours

capendu_centenaire_francine_gout (2).JPG«Et voilà, c’est fait, j’ai traversé le siècle et depuis le 2 janvier 2009 j’ai cent ans tout juste. Cent ans … Qui aurait dit ça en 1909 quand j’ai vu le jour à Lézignan-Corbières. Ce jour là ma douce mère Antoinette, venue de ses Baléares lointaines pour épouser mon Joseph de père me mettait au monde et j’étais son deuxième enfant. De mon enfance, je n’en ai que de bons souvenirs, Papa est négociant en vins pendant que Maman nous élève tous les quatre. Et oui deux autres enfants sont venus nous rejoindre ma sœur Anne-Marie et moi, les adorables Jean et Alice. La vie s’écoule sereine, malgré le dur épisode de la guerre de 1914.

En 1920, je rentre au pensionnat Bertrand à Toulouse, j’ai tout juste onze ans et j’y reste jusqu’à mon certificat de fin d’étude. Puis c’est chez ma tante Marthe que je vais vivre, j’ai à peine seize ans, et du caractère. Je serai infirmière, c’est décidé…. Donc retour à mes études à l’école d’infirmière de Toulouse où j’obtiens mon diplôme le 26 juin 1934, encore une année de cours et c’est surveillante chef que je deviens. Très vite, en 1935, c’est au dispensaire des chemins de fer de Beziers que je suis nommée, entourée d’une excellente équipe médicale. J’y passe des années merveilleuses travaillant au laboratoire du dispensaire et m’occupant des visites médicales des cheminots. Le front populaire, ses manifestations et ses avancées sociales rythment maintenant mes journées. Mais la guerre est là, de nouveau à nos portes et mon père est mobilisé à Orange.

1964, déjà… et oui j’ai maintenant cinquante cinq ans et il est temps de prendre ma retraite. Oh, une retraite, bien occupée aussi, vous me connaissez maintenant, je ne sais pas rester sans rien faire … C’est donc en voyage que j’ai décidé de passer les belles années qui me restent et j’en profite pour visiter, la Tunisie, l’Algérie, et la Hollande. Mais mon amour de la musique classique et de l’opéra me conduira à aller assister à des concerts à Vienne, en Autriche. C’est une petite vie, tranquille mais très active que je poursuis sans relâche passant quelques étés à la Résidence « les Treilles » à St Gervais sur Mare. Il est maintenant temps pour moi de quitter l’Hérault pour me rapprocher de mes neveux et de ma famille, j’intègre donc la Résidence des Figuères le 11 octobre 2007 et c’est là, que je coule une vie tranquille et heureuse, entourée de ces derniers.»

Voilà ce que peut dire Francine Gout, qui ce samedi 4 janvier, entourée des siens et de ses amis a fêté ses cent ans. Un siècle et quel siècle … à l’image duquel, en femme engagée et libre, elle vit et assume ses engagements. Quel plaisir de la voir arriver à pas menus, toute douce, superbe dans son beau tailleur, et dans une forme que bien des sexagénaires lui envieraient. Pas question de perdre sa mémoire, elle en a besoin, car des souvenirs elle en a et elle y tient.

capendu_centenaire_francine_gout (4).JPGEntourée de beaucoup d’affection et d’amour c’est avec énormément d’attention qu’elle a entendu les hommages de Madame Sylvie Darné, directrice de la Résidence et de Madame Eliane Meige, adjointe au maire de Lézignan, disant toutes deux leur fierté de la connaître. Jean-Jacques Camel, maire de Capendu, devait, lui, souligner l’exemplarité de sa vie avant de lui chanter une chanson créée l’année de sa naissance, « La Valse Brune », un refrain que les invités de Francine Gout devaient reprendre tous en cœur. C’est dans l’intimité de sa famille que devait se poursuivre la fête.

Joyeux Anniversaire Francine.

18:40 Publié dans troisième age | Lien permanent | capendu | Commentaires (0) | Tags : centenaire, gout, figuères | |  Facebook |  Imprimer | | |